Adaptation du secteur privé

Gérer les risques et saisir
les opportunités dans le secteur privé

Avec les communautés et les écosystèmes, les impacts liés au changement climatique dans le secteur privé sont un enjeu sociétal majeur car les secteurs économiques sont souvent les piliers de la société. L’évaluation minutieuse des risques et des opportunités ainsi que la priorisation des mesures facilitent l’élaboration de stratégies d’adaptation appropriées, et accroissent l’activité économique et la résilience sociétale.

Le changement climatique a de graves répercussions sur le secteur privé, en particulier sur les petites et moyennes entreprises (PME). On estime que le changement climatique pourrait ajouter des pertes annuelles de plus de 100 milliards USD pour l’économie mondiale, en prenant en compte les coûts indirects des perturbations de la chaîne d’approvisionnement et les autres conséquences économiques qui en découlent[1]. Les secteurs manufacturiers à forte intensité de ressources et de main-d’œuvre sont souvent les piliers de l’économie des pays en développement et des pays en transition et ils sont particulièrement vulnérables aux effets du changement climatique. Ces effets néfastes peuvent entraver et même interrompre les opérations commerciales, menaçant les résultats financiers et, en fin de compte, la stabilité des affaires, les emplois et la croissance économique.

En même temps, le secteur privé joue un rôle important en renforçant la résilience des sociétés aux impacts du changement climatique, par exemple, en assurant la continuité dans la fourniture de produits et de services, en offrant des produits adaptés au climat et en contribuant aux investissements nécessaires à l’adaptation au changement climatique, par exemple dans les infrastructures ou les nouveaux marchés. Par conséquent, d’un point de vue commercial, le changement climatique fait certes peser des risques sur le développement des entreprises, mais en s’y attaquant on peut aussi créer de multiples opportunités. Faire face à ces risques et saisir les opportunités sont des stratégies visant à assurer la continuité des activités et à créer de la croissance. Ainsi, face aux récentes conséquences de la pandémie de COVID-19, la création d’une base solide pour des innovations à long terme et des économies respectueuses du climat augmentera l’indispensable résilience sociétale.

[1] Université de Cambridge, 2020: New approaches to help businesses tackle climate change. Disponible à l’adresse : https://bit.ly/3kCg3lc

Les entreprises sont de plus en plus affectées par des phénomènes climatiques tels que l’augmentation des températures, l’occurrence d’événements météorologiques imprévisibles et extrêmes, l’augmentation de la durée des sécheresses et de l’intensité des saisons des pluies. Le risque dû au changement climatique varie selon les secteurs et les entreprises ; il est déterminé, d’une part, par leur exposition à ces phénomènes climatiques, et d’autre part, par leur vulnérabilité, qu’on peut définir comme leur dépendance à des ressources telles que l’énergie ou l’eau.

Les entreprises peuvent être affectées par des risques directs ou indirects dus au changement climatique. Les risques directs sont notamment les dommages aux bâtiments et aux machines, les problèmes de stockage ou une diminution de la productivité de la main-d’œuvre. Les risques indirects se situent en dehors de la sphère d’influence directe des entreprises et sont notamment les pénuries de ressources telles que l’eau et l’énergie, les perturbations des chaînes d’approvisionnement, les modifications réglementaires et l’évolution de la demande. En améliorant la capacité d’adaptation et en mettant en œuvre des mesures d’adaptation, on peut réduire la vulnérabilité aux risques induits par le climat et leurs effets négatifs sur les entreprises. Les entreprises ont élaboré des outils leur permettant de faire face au risque général, mais elles doivent en outre reconnaître l’existence de risques liés au changement climatique et les inclure dans leurs stratégies de gestion des risques.

Il est important de noter que les impacts du changement climatique ne constituent pas seulement de nouvelles menaces ; ils peuvent également aggraver les facteurs de stress existants. Par exemple, la baisse de la nappe phréatique due à l’utilisation intensive de l’eau souterraine peut être exacerbée par des périodes de sécheresse prolongées.  De la même façon, un approvisionnement en énergie insuffisant en raison d’infrastructures inadéquates peut devenir encore moins fiable pendant des étés chauds.

D’une part, l’adaptation du secteur privé au changement climatique vise à minimiser les risques liés au changement climatique afin d’accroître la résilience des entreprises et d’éviter des coûts potentiels futurs. La gestion des risques climatiques doit donc être prise en compte dans la gestion des risques des entreprises. D’autre part, les entreprises peuvent prendre en compte les impacts du changement climatique pour exploiter de nouvelles opportunités commerciales. L’étude des besoins de produits et services nouveaux favorisant la résilience au changement climatique et facilitant l’adaptation, et/ou l’anticipation de l’évolution des préférences des clients et des cadres réglementaires en raison du changement climatique, peuvent permettre aux entreprises d’identifier de nouvelles opportunités et leur donner l’avantage d’être les premières sur le marché face à la concurrence.

Le changement climatique présente un caractère d’incertitude quant à l’endroit et au moment où ses impacts se produisent, alors que les entreprises ont besoin de prévoir pour développer leurs stratégies d’affaires et leurs investissements. Par conséquent, il est souvent difficile pour les entreprises, et plus particulièrement pour les PME dont les ressources sont limitées, d’investir dans des mesures d’adaptation en prévision de situations incertaines ou d’un changement progressif dans le futur. En outre, le manque de sensibilisation des entreprises aux risques climatiques et aux risques de catastrophes, et l’absence de solutions appropriées constituent d’autres obstacles à la mise en œuvre de mesures d’adaptation. Enfin, comme de nombreuses mesures d’adaptation ne garantissent pas un retour sur investissement mais permettent plutôt de limiter les coûts à venir, il peut leur être difficile d’obtenir le financement nécessaire.

L’adaptation au changement climatique exige une connaissance approfondie des impacts potentiels du changement climatique sur l’entreprise et de la façon dont ses bâtiments, ses opérations, ses ressources (humaines) et sa stratégie globale sont susceptibles d’être affectés. Différentes approches peuvent aider les entreprises à évaluer ces risques. Les outils dont elles disposent leur permettent généralement d’évaluer leur exposition aux risques climatiques ainsi que chaque impact potentiel de ces risques climatiques sur elles, afin d’identifier et de prioriser d’éventuelles mesures d’adaptation. En définissant un certain nombre d’impacts standards à analyser avec ces outils, par exemple sur les bâtiments, les procédés, la logistique et les stocks, les employés, le cadre réglementaire, l’accès au financement et la demande du marché, chaque entreprise peut mettre en œuvre ces évaluations de façon plus structurée. Des outils de calcul des coûts-bénéfices ou des instruments similaires de prise de décision peuvent également aider l’entreprise à prendre les mesures d’adaptation les plus bénéfiques.