Secteur privé et adaptation

Faire face aux risques et saisir et financer
les opportunités dans le secteur privé

Le secteur privé doit faire face aux risques économiques dû au changement climatique et saisir les opportunités d’affaires afin de préserver l’activité, générer une croissance durable de manière stratégique et accroître la résilience de la société.

Le secteur privé peut apporter une réponse aux impacts actuels et prévus du changement climatique en:

  • s’adaptant lui-même au moyen de mesures visant à protéger les chaînes de valeur et les opérations contre le changement climatique en vue de maintenir l’activité ;
  • finançant et en investissant dans des solutions d’adaptation ;
  • proposant des solutions d’adaptation, c’est-à-dire en fournissant des produits, des services et des technologies permettant d’accroître la résilience.

www.climatepolicyinitiative.org/unlocking-private-sector-adaptation-finance/

Dans les rôles 2 et 3, l’adaptation au changement climatique peut être considérée comme une occasion de saisir des opportunités d’affaires (et d’investissement). Les sections suivantes détaillent ces rôles.

Contexte

Le changement climatique affecte durement le secteur privé. Selon les estimations, l’économie mondiale pourrait perdre 100 milliards de dollars chaque année à cause du changement climatique, en tenant compte des coûts indirects liés à la perturbation des chaînes d’approvisionnement et à d’autres répercussions économiques. 4 Le premier rôle du secteur privé est donc d’adapter ses propres actifs, opérations, chaînes d’approvisionnement et ressources aux conséquences du changement climatique afin de garantir le maintien de l’activité et une croissance durable.

 

Comment le secteur privé est-il affecté par le changement climatique ?

La hausse du niveau de la mer, la montée des températures, la multiplication des phénomènes météorologiques extrêmes (sécheresses, inondations et incendies dans ls forêts) ainsi que d’autres effets du changement climatique qui menacent de plus en plus les actifs, les chaînes d’approvisionnement et les opérations des entreprises. Les risques induits par le changement climatique varient selon les secteurs. Ils sont déterminés, d’une part, par l’exposition directe d’une entreprise à ces menaces et, d’autre part, par sa vulnérabilité, c’est-à-dire sa dépendance à l’égard de ressources telles que l’énergie ou l’eau.

 

Quels sont les défis que le secteur privé doit relever pour s’adapter au changement climatique ?

Le secteur privé est composé de divers acteurs allant de grandes multinationales à des entrepreneurs individuels en passant par d’autres organismes non gouvernementaux. Indépendamment de leur taille et de leur secteur, ces acteurs, qui emploient des individus, doivent s’adapter aux impacts largement ressentis du changement climatique. Il le font à des degrés et à des rythmes différents en fonction de leurs propres vulnérabilités aux risques directement et indirectement liés au changement climatique. La capacité d’une entreprise à s’adapter au changement climatique est largement déterminée par sa taille et ses ressources financières. L’adaptation interne du secteur privé est entravée par le manque de ressources (qui freine les investissements dans les mesures d’adaptation aux phénomènes météorologiques extrêmes et aux événements à évolution lente), par la méconnaissance des risques liés au climat et aux catastrophes et par le nombre limité de solutions disponibles.

 

Comment le secteur privé peut-il s’adapter au changement climatique ?

L’adaptation du secteur privé au changement climatique vise à réduire les risques climatiques au minimum afin d’accroître la résilience des entreprises et de prévenir les coûts potentiels futurs. La gestion des risques climatiques doit donc être intégrée à la gestion des risques des entreprises. En renforçant leur capacité d’adaptation et en réalisant des mesures d’adaptation, les entreprises peuvent réduire leur vulnérabilité aux risques climatiques et aux effets négatifs qui en découlent.

Exemples de mesures d’adaptation destinées à limiter les risques :

  • Installation d’un générateur de secours pour garantir la continuité de l’alimentation en cas d’interruption due à des tempêtes
  • Recours à des technologies économes en eau afin de remédier aux pénuries d’eau
  • Installation d’espaces de stockage résistants aux intempéries afin de protéger les produits de valeur contre les événements climatiques extrêmes
  • Mise à disposition de logements pour le personnel sur le site de l’entreprise afin qu’il puisse se rendre au travail même en cas de fortes précipitations ou de canicule
  • Diversification des fournisseurs afin de limiter les hausses de prix et les perturbations logistiques en cas de conditions météorologiques extrêmes
  • Évaluation de la pertinence d’investir dans des panneaux solaires pour une production d’énergie indépendante et des manières de réaliser cet investissement

 

Comment aider le secteur privé à s’adapter au changement climatique ?

L’adaptation au changement climatique nécessite une compréhension approfondie des effets potentiels du changement climatique et de la manière dont les infrastructures, les activités, les ressources (humaines) et la stratégie globale d’une entreprise sont susceptibles d’être affectées. Différentes approches permettent aux entreprises d’évaluer ces risques. Les outils comprennent généralement une évaluation de l’exposition aux risques liés au changement climatique ainsi qu’une évaluation de l’impact de chaque risque climatique potentiel sur l’entreprise afin de définir les mesures d’adaptation envisageables et les classer par ordre de priorité. Ces évaluations peuvent être mises en œuvre de manière structurée pour chaque entreprise en définissant plusieurs domaines d’impact standard à analyser à l’aide de ces outils, par exemple les bâtiments de l’entreprise, ses processus, sa logistique, ses stocks, son personnel, le cadre réglementaire, l’accès au financement et la demande du marché. Des outils comparant les coûts et les avantages ou des instruments de décision similaires peuvent apporter des informations complémentaires éclairant la décision de l’entreprise quant aux mesures d’adaptation les plus avantageuses. Des explications supplémentaires figurent sur notre site web consacré à l’évaluation et à la gestion des risques climatiques 

Contexte

Le deuxième rôle clé du secteur privé est de mobiliser des fonds pour investir dans des solutions d’adaptation : technologies, produits et services novateurs ainsi que projets et autres initiatives visant à combler le déficit de financement nécessaire à l’adaptation et à accélérer les solutions existantes pour faire face aux risques climatiques actuels et à venir. 

 

Quelles sont les difficultés que rencontre le secteur privé au moment de mobiliser des investissements dans les solutions qu’il peut apporter dans l’adaptation au changement climatique ?

Un défi majeur est que souvent les investisseurs ne parviennent pas à identifier les modèles d’activités en matière d’adaptation. Cela est dû aussi bien à une communication et à une prise de conscience insuffisantes de la part des fournisseurs de solutions quant à la pertinence des mesures d’adaptation qu’à l’absence de méthodes standardisées permettant d’évaluer l’impact des solutions d’adaptation. En effet, les métriques permettant de mesurer et donc de comparer les résultats des mesures d’adaptation ne sont pas encore définies, car ces mesures d’adaptation dépendent de la situation géographique et présentent une grande variété. Alors que les modèles d’activités d’atténuation peuvent être mesurés au moyen d’un paramètre quantifiable (réduction des émissions/tonnes de CO2), les solutions d’adaptation revêtent de multiples formes et aspects.

 

Comment soutenir et accélérer les investissements dans les solutions d’adaptation ?

Les défis à relever pour mobiliser des financements privés en faveur de projets d’adaptation (manque d’informations sur les opportunités d’investissement rentables, hypothèses d’adaptation et mesure de l’impact) nécessitent un appui technique spécifique, tant du côté de l’offre que de la demande de financement. La mise à l’échelle des solutions d’adaptation n’exige pas seulement de réorienter les flux financiers, mais aussi de mobiliser des capitaux et des investissements supplémentaires. Outre les incitations financières proposées par les pouvoirs publics, le secteur privé peut être encouragé à investir dans des solutions d’adaptation par le biais d’un appui technique ciblé visant à renforcer les capacités d’identification, de mise à l’échelle et de financement des opportunités d’investissement en matière d’adaptation, pour lesquelles les avantages économiques sont souvent moins apparents que dans le cas des solutions d’atténuation. En outre, l’expertise et la connaissance des données, des projections et des contextes climatiques locaux complètent la perspective financière souvent trop focalisée sur les rendements monétaires, les revenus et les bénéfices, en traduisant les impacts climatiques en opportunités d’affaires.

Contexte

Le troisième rôle du secteur privé consiste à fournir de nouvelles solutions d’adaptation et à mettre à l’échelle les solutions existantes. On assiste à une forte progression de la demande en technologies, services et produits innovants qui favorisent l’adaptation au changement climatique.

Exemples d’opportunités d’affaires saisies

  • Une entreprise indienne a mis au point un système d’irrigation au goutte-à-goutte qui permet de s’adapter à l’incertitude croissante concernant la disponibilité de l’eau en réduisant les besoins hydriques.
  • Pour faire face aux températures élevées, une entreprise dans l’industrie chimique a créé une nouvelle peinture qui limite les effets thermiques de l’absorption des rayons du soleil sur les murs en réfléchissant le rayonnement thermique.
  • Une entreprise du Bangladesh se consacre à la navigation à l’heure du changement climatique. Elle construit des bateaux de pêche en fibre de verre qui sont plus stables par mauvais temps et nettement plus résistants en cas d’inondation.
  • Une PME canadienne a mis au point des serres portables et fixes à énergie solaire photovoltaïque et éolienne. Ces serres écologiques et autosuffisantes permettent la culture de produits biologiques dans diverses conditions climatiques.

 

Quels sont les co-bénéfices des solutions d’adaptation ?

La dégradation de l’environnement causée par le changement climatique se répercute sur la disponibilité des ressources, la sécurité alimentaire et d’autres facteurs existentiels garantissant le bien-être des sociétés. Compte tenu de ce lien étroit entre les conséquences du changement climatique et les facteurs sociaux, les solutions qui aident les populations vulnérables à s’adapter présentent souvent des co-bénéfices. Par exemple, l’amélioration des services d’irrigation permet non seulement aux petites exploitations agricoles de s’adapter à la pénurie croissante des ressources en eau due à des périodes de sécheresse plus longues, mais également de préserver les revenus des paysans et d’améliorer la sécurité alimentaire. De même, les filtres à eau aident les particuliers à s’adapter à une eau toujours plus insalubre qui présente des risques pour leur santé. Ces dispositifs permettent également de réduire la quantité d’eau devant être bouillie à l’aide de cuisinières à gaz ou à charbon, offrant ainsi des co-bénéfices en matière d’atténuation. Ces avantages à différents niveaux soulignent à quel point il est important de mettre les solutions d’adaptation à l’échelle et de mobiliser des investissements pour combler le déficit de financement dans le domaine de l’adaptation.