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Évaluation et gestion
des risques climatiques

Un cadre général pour éviter les pertes
et préjudices, les réduire
au minimum et y remédier

La gestion intégrée des risques climatiques (GRC) vise à gérer les conséquences des changements climatiques sur tout le spectre des risques, des phénomènes météorologiques extrêmes à court terme aux changements à manifestation lente. Fondée sur une évaluation des risques climatiques (ERC), elle associe, dans un même cadre holistique et participatif, des mesures éprouvées et innovantes appliquées dans le domaine de l’atténuation et l’adaptation au changement climatique, de la gestion des risques de catastrophe et de la protection sociale, pour éviter les pertes et préjudices, les réduire au minimum et y remédier.

Les effets du changement climatique se font déjà ressentir aujourd’hui : selon les dernières projections climatiques, les phénomènes météorologiques extrêmes devraient augmenter en fréquence et en ampleur. Ces phénomènes, tels que les tempêtes/cyclones et les inondations, ainsi que les changements à manifestation lente comme l’élévation du niveau de la mer et la désertification, ainsi que les aspects socio-économiques qui en découlent, constituent un risque croissant pour le développement durable de tous les pays et peuvent entraîner des pertes et des préjudices économiques et non économiques. Les pays en développement sont particulièrement exposés à ces risques, car leurs systèmes naturels et sociaux sont plus exposés aux effets négatifs du changement climatique et moins à même d’y faire face. Malgré les efforts actuels d’atténuation et d’adaptation, des risques résiduels des effets néfastes du changement climatique subsistent. Il est donc essentiel d’évaluer et de gérer les risques afin d’éviter les pertes et préjudices, de les réduire au minimum et d’y remédier.

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Le thème des risques croissants liés au changement climatique transparaît dans de nombreux programmes politiques internationaux, par exemple dans le Cadre de Sendai pour la Réduction des Risques de Catastrophe, adopté avec l’appui du Bureau des Nations Unies pour la Réduction des Risques de Catastrophe (BNURRC) et dans la Convention-Cadre des Nations Unies sur les Changements Climatiques (CCNUCC). Dans le cadre de la CCNUCC, le thème des pertes et préjudices (P&P) a fait l’objet d’une attention croissante qui a conduit à la création, en 2013, du Mécanisme international de Varsovie (MIV) relatif aux pertes et aux préjudices liés aux incidences du changement climatique. En 2015, l’Accord de Paris a souligné son importance en consacrant un article distinct aux pertes et préjudices :

“Les Parties reconnaissent la nécessité d’éviter les pertes et préjudices liés aux effets néfastes des changements climatiques, notamment les phénomènes météorologiques extrêmes et les phénomènes qui se manifestent lentement, de les réduire au minimum et d’y remédier, ainsi que le rôle joué par le développement durable dans la réduction du risque de pertes et préjudices.”

ARTICLE 8 DE L’ACCORD DE PARIS

La gestion intégrée des risques climatiques (GRC) est un cadre systémique qui vise à prévoir, éviter et prévenir tous les types de risques climatiques ainsi qu’à absorber les impacts résiduels des phénomènes météorologiques extrêmes et des changements à manifestation lente. Elle englobe ainsi les deux volets de recherche que sont l’adaptation au changement climatique (ACC) et la réduction des risques de catastrophe (RRC) dans un cadre de développement durable.
La gestion intégrée des risques climatiques vise à traiter et atténuer les conséquences néfastes du changement climatique en évitant les risques climatiques grâce à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la minimisation des risques climatiques grâce à l’adaptation et la gestion des risques ou à la gestion des risques climatiques résiduels au moyen d’instruments tels que le financement des risques climatiques ou les mesures transformatrices (voir ci-dessous). Le concept de gestion des risques climatiques englobe les étapes suivantes qui se renforcent mutuellement et s’appuient sur la participation des parties prenantes de différents secteurs et à différentes échelles:

Évaluation des risques climatiques dans le cadre de la GRC

Les évaluations des risques climatiques jettent les bases d’une gestion intégrée des risques climatiques (GRC) en identifiant la nature du changement climatique et la mesure dans laquelle ses impacts peuvent être préjudiciables à un pays, une région, un secteur ou une communauté. La quantification et l’évaluation des risques climatiques, c’est-à-dire le résultat de l’interaction entre la vulnérabilité, l’exposition et le danger, sont importantes pour faciliter la prise de décision et la planification prospective. Ainsi, l’identification des principaux risques et impacts actuels et futurs sur les personnes, les biens et les écosystèmes peut aider à affecter des ressources en conséquence, afin de concevoir des politiques et des projets d’adaptation visant à réduire la vulnérabilité et les risques, et d’établir une base de référence permettant de contrôler la réussite des politiques et des actions d’adaptation.

Une évaluation des risques climatiques analyse la manière dont le changement climatique et les phénomènes météorologiques extrêmes interagissent avec les facteurs socio-économiques afin de déterminer le risque global pour la population concernée. L’évaluation consiste notamment à déterminer l’ampleur des impacts attendus et permet de déterminer les coûts et les avantages des options de gestion des risques les plus prometteuses – afin de permettre une planification anticipée, d’informer la prise de décision et d’inciter à investir dans l’adaptation. Cette évaluation intégrée identifie les mesures efficaces pour faire face aux risques et constitue la base de l’intégration des mesures de politique climatique dans les budgets publics et les politiques nationales.

CRM measures: Identification and selection

 Pour obtenir le résultat le plus précis possible, les praticiens doivent choisir une méthodologie appropriée parmi différentes approches d’évaluation des risques climatiques. La disponibilité des données et la capacité à les analyser constituent d’autres difficultés. De plus, les évaluations des risques climatiques nécessitent souvent une expertise technique spécifique et une importante coordination entre les différentes disciplines et les différents acteurs.

Mesures de gestion des risques climatiques : Identification et sélection

Cette étape comprend l’identification des mesures et des instruments de GRC pour l’adaptation et la réduction des risques. Dans le processus d’identification des instruments les plus appropriés pour garantir des voies de développement résilientes au climat, les capacités organisationnelles et économiques des pays, des communautés et du secteur privé à s’adapter et à répondre aux risques jouent un rôle majeur.

Étant donné la nature partiellement subjective de l’évaluation des risques, les mesures appropriées de GRC ne peuvent pas être déterminées uniquement sur la base d’une analyse coûts-avantages, car de nombreux aspects importants ne sont pas quantifiables mais pourraient néanmoins avoir un impact considérable, notamment sur les pauvres. L’identification de mesures appropriées est donc spécifique au contexte et doit tenir compte des facteurs suivants :

  • une combinaison appropriée de différentes mesures ;
  • la promotion du développement durable ;
  • la participation des parties prenantes, y compris des populations affectées et marginalisées.

L’incertitude concernant l’évolution du changement climatique fait que les mesures graduelles ne seront pas toujours suffisantes. Par ailleurs, celles qui ont un caractère transformationnel et modifient les caractéristiques fondamentales des systèmes (tels que les systèmes de valeurs, les réglementations, la législation, les systèmes technologiques ou biologiques) doivent être prises en compte pour gérer de manière appropriée les risques climatiques actuels et futurs.

Mesures de gestion des risques climatiques : mise en œuvre et suivi

Après avoir identifié les mesures de GRC les plus appropriées et les coûts afférents, le processus de prise de décision et de mise en œuvre constitue l’étape suivante. Ainsi, les décideurs des secteurs public et privé sont en mesure de mieux prioriser les options, les financer et les mettre en œuvre. Le suivi et l’évaluation des mesures mises en œuvre facilitent l’apprentissage continu qui alimente le cycle de GRC et éclaire les décisions futures (pour plus d’informations, voir la figure ci-dessus ou ici).

Atténuation au niveau mondial :

L’importance des effets néfastes du changement climatique dépend en grande partie du profil des émissions mondiales dans les années et les décennies à venir. Même avec les actions d’adaptation les plus ambitieuses, nous serons confrontés aux impacts climatiques résiduels. Pour pouvoir gérer le changement climatique, il est primordial de l’atténuer. L’application de mesures ambitieuses visant à limiter le réchauffement de la planète à nettement moins de 2° C par rapport à son niveau de l’ère préindustrielle, voire à le limiter à 1,5° C, est donc une importante étape de gestion des risques climatiques et constitue probablement la meilleure forme d’adaptation.

Développement durable à tous les niveaux :

Le développement durable vise à répondre aux besoins des générations actuelles et futures sans aller au-delà des capacités de la Terre à assurer la vie et dans le respect de la justice sociale. Le développement durable suppose par conséquent la prise en considération de facteurs économiques, sociaux et environnementaux. Cette approche inclut, entre autres, l’utilisation d’énergies renouvelables ou l’adoption de moyens de transport ou de modes de vie à faible bilan carbone. Les voies de développement durable offrent de multiples avantages connexes tels qu’une meilleure qualité de l’air et l’accès à des énergies non polluantes. Les mesures d’adaptation telles que le boisement des mangroves et l’agroforesterie présentent des avantages connexes tels que la protection contre les inondations de tempête ou les très fortes chaleurs, alors que l’agriculture intelligente face au climat est essentielle pour la future sécurité alimentaire.

Association judicieuse d’outils éprouvés déjà utilisés dans l’adaptation et dans la réduction des risques de catastrophe :

Des outils déjà utilisés dans le domaine de l’adaptation au changement climatique (cultures résistantes à la sécheresse, villes et infrastructures résilientes au climat ou adaptation basée sur les écosystèmes) sont associés à des outils de réduction des risques de catastrophe tels que les plans d’urgence et les systèmes d’alerte précoce. L’exploitation des synergies entre les mesures d’adaptation et de réduction des risques de catastrophe peut permettre d’éviter une duplication des efforts et, par conséquent, de faire un meilleur usage de ressources financières et humaines limitées, non seulement en permettant de mieux se préparer et mieux réagir aux catastrophes, mais également, et avant tout, en limitant ou réduisant les préjudices.

Instruments d’adaptation innovants, par ex. financement des risques, assurance contre les risques et approches transformatrices :

Remédier les risques résiduels ne pouvant être évités par des solutions d’atténuation et d’adaptation est un autre important pilier de la gestion intégrée des risques climatiques. Les mécanismes de financement des risques, par exemple l’assurance contre les risques climatiques, les fonds de prévoyance et les régimes de protection sociale, peuvent favoriser la résilience au changement climatique en répartissant les risques entre différents acteurs, dans différentes régions et sur différentes périodes. Ces mécanismes prennent également de l’importance pour remédier les risques résiduels. Pour gérer de manière permanente les risques résiduels, il existe deux solutions : le transfert des risques ou la réintégration des risques résiduels dans le cycle de gestion des risques.
Les instruments pour remédier les pertes et préjudices (P&P) ne sont pas seulement de nature graduelle. Des approches transformatrices telles que la diversification des moyens d’existence et la gestion adaptative sont également nécessaires pour s’adapter au changement et réduire le risque de pertes et préjudices. Par ailleurs, la mobilité des personnes a été et continuera d’être un facteur important de développement – avec ou sans changement climatique. C’est déjà une réalité dans les régions exposées à la variabilité du climat, par exemple sous forme de migration des saisonniers. En dernier recours, la migration et les réinstallations prévues peuvent réduire le risque de pertes et préjudices.

Mécanismes de transfert des risques :

Enfin, pour lutter contre les risques résiduels, les mécanismes de transfert des risques tels que l’assurance contre les risques climatiques et les régimes de protection sociale peuvent favoriser la résilience au changement climatique en répartissant les risques entre différents acteurs, dans différentes régions et sur différentes périodes. De plus, dans les situations post-catastrophe, le redressement résilient contribue à « reconstruire en mieux » et à se préparer pour de futurs risques climatiques.