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Inventaire des Initiaitves Existantes sur le Financement et l’Assurance des Risques Climatiques et de Catastrophes a Madagasikara

Madagasikara est l’un des pays les plus exposés et vulnérables aux risques climatiques, subissant régulièrement des catastrophes majeures telles que les cyclones tropicaux, les écheresses prolongées ou les inondations fluviales. Entre 2000 et 2022, plus de 60 événements climatiques extrêmes ont été enregistrés. Cette intensité devrait s’accentuer sous  ’effet du changement climatique, aggravant les pressions sur les écosystèmes, l’agriculture, les infrastructures et les populations déjà fragiles.

Près de 75,2 % de la population vit sous le seuil de pauvreté, avec une forte dépendance à l’agriculture de subsistance et une urbanisation souvent mal planifiée. Le sud du pays subit par ailleurs des épisodes de écheresse prolongée, aggravant l’insécurité alimentaire. La vulnérabilité élevée des communautés, des écosystèmes, du secteur agricole et des infrastructures stratégiques enforce les impacts des catastrophes. Les pertes économiques annuelles dues aux catastrophes sont estimées à environ 100 millions USD (Banque Mondial (BM), 2017a), tandis que les épenses d’urgence effectives restent largement inférieures à 25 millions USD par an (CPGU, 2019).

La collecte et la consolidation des données économiques post-catastrophes secteur agricole, infrastructures, pertes privées) sont encore trop faibles, ce qui limite la capacité à concevoir des instruments financiers adaptés aux risques réels. Comme le inancement des risques est un nouveau concept pour le pays, la gouvernance de ce volet est en cours de mise en place et de structuration. Elle nécessite des renforcements et une amélioration de la coordination entre les ministères, bailleurs, collectivités et acteurs humanitaires. Le processus de décaissement de l’ARC suit le processus national décrit dans le circulaire budgétaire du MEF. L’exécution de ce processus est jugée lente et lourde par différentes parties-prenantes interrogées, et nécessite des améliorations.

Plusieurs canaux de distribution coexistent (FNC, FID, mobile money, blockchain du programme REPAIR et intégration de SOLIDIS dans la fourniture de liquidités d’urgence aux entreprises impactées par un choc), et dont les articulations sont à améliorer, la performance à évaluer et à partager. L’inventaire des mécanismes de financement des risques climatiques montre que  Madagasikara a su établir une base d’instruments relativement robuste au niveau souverain. Néanmoins, la fragmentation institutionnelle, l’absence de couverture pour des risques critiques (inondations fluviales, infrastructures), et le manque d’outils pour les niveaux territoriaux et privés limitent encore l’efficacité globale du dispositif.

Le rapport sur l’analyse des besoins permet, en complément de l’inventaire, d’identifier les lacunes à combler afin de permettre à Madagasikara de disposer d’un système de protection financière cohérent, inclusif et réactif face aux chocs climatiques croissants.