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Financement de l'adaptation

Renforcer la résilience grâce à un meilleur accès au financement de l’adaptation

Financement de l'adaptation

Financement pour renforcer la résilience

Les sources de financement de l'adaptation

Le paysage mondial du financement climatique, et plus particulièrement celui du financement de l’adaptation, est à la fois diversifié et complexe. Le financement de l’adaptation transite par de multiples sources, et la mobilisation ainsi que l’accès à ces ressources représentent un défi considérable, en particulier pour les pays les plus vulnérables aux effets du changement climatique. Comprendre ce paysage et savoir s’y orienter est essentiel pour mobiliser les fonds nécessaires au renforcement de la résilience face au changement climatique.

Financement public national

  • Le financement public national est au cœur de l’adaptation climatique (CCNUCC). Il fournit des ressources stables, prévisibles et relevant de la souveraineté nationale, et permet aux gouvernements d’intégrer l’adaptation dans la planification centrale du développement. Il peut prendre la forme d’allocations budgétaires pour des infrastructures résilientes, de fonds climatiques nationaux, de subventions ciblées pour une agriculture climato-intelligente, ou encore de filets de sécurité sociale (par exemple à travers des systèmes de protection sociale adaptative) en faveur des groupes vulnérables. En ancrant l’adaptation dans les budgets nationaux, les gouvernements assurent non seulement la pérennité à long terme des efforts, mais créent également les conditions pour mobiliser des financements privés et internationaux. 

Financement bilatéral

  • Le financement bilatéral de l’adaptation désigne les fonds qu’un pays verse directement à un autre pour soutenir ses efforts de renforcement de la résilience climatique. Ce type de financement est généralement acheminé par le biais d’agences de coopération au développement ou d’accords de gouvernement à gouvernement.
    La majorité du soutien bilatéral est apportée sous forme de dons, de prêts concessionnels ou de prises de participation. Il transite habituellement par deux mécanismes principaux : des fonds climatiques ciblés (tels que l’Initiative internationale pour le climat) ou des engagements bilatéraux en matière de financement climatique déclarés dans le cadre de la CCNUCC.
    Les engagements bilatéraux reposent généralement sur des négociations entre gouvernements partenaires et s’alignent sur les priorités et stratégies du pays bénéficiaire. Par le biais d’instruments tels que le soutien budgétaire ciblé ou le financement commun, le soutien peut s’étendre au-delà de projets individuels pour embrasser des approches sectorielles. Ces instruments peuvent faciliter l’intégration des considérations d’adaptation dans les processus de planification, de programmation et de budgétisation sectorielle, et contribuer à intégrer la résilience climatique dans l’ensemble des portefeuilles de coopération au développement.

Financement multilatéral

  • Un large éventail de sources multilatérales est disponible pour le financement de l’adaptation. Des fonds climatiques multilatéraux ont été créés en dehors et dans le cadre de la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC), tels que le Fonds vert pour le climat (FVC), le Fonds pour l’adaptation, le Fonds pour les pays les moins avancés (FPMA), le Fonds spécial pour les changements climatiques (FSCC) et les Fonds d’investissement climatiques (FIC). Les pays peuvent également accéder à des financements auprès des banques multilatérales de développement (BMD) pour soutenir la mise en œuvre d’actions d’adaptation, lesquelles peuvent aussi jouer un rôle catalyseur en mobilisant des ressources supplémentaires auprès des secteurs public et privé. Les pays doivent avoir une compréhension claire des modalités de financement des différents fonds climatiques multilatéraux et des banques multilatérales de développement, afin de mieux aligner leurs besoins sur les ressources disponibles adaptées.

Financement privé

  • Le secteur privé joue un rôle important dans le financement de l’adaptation et regroupe un large éventail d’acteurs, des petits exploitants agricoles et des petites et moyennes entreprises (PME) aux multinationales, assureurs, réassureurs, banques et autres institutions financières opérant aux niveaux national et international. Les investissements du secteur privé dans l’adaptation émanent essentiellement de deux grandes catégories d’acteurs. La première regroupe les entreprises privées, qui développent et fournissent des biens et services renforçant la résilience climatique, tout en investissant dans des mesures visant à protéger leurs propres actifs, activités et chaînes d’approvisionnement contre les risques climatiques. La seconde catégorie comprend les institutions financières privées, qui canalisent des capitaux vers des acteurs publics ou privés par le biais d’instruments financiers comme les prêts, participations au capital, garanties ou subventions, pour soutenir la mise en œuvre de mesures d’adaptation (CCNUCC).
  • Les gouvernements peuvent encourager la participation du secteur privé à l’adaptation en créant des environnements favorables et en établissant des partenariats public-privé. Cependant, des recherches indiquent qu’environ 25 % seulement des besoins d’adaptation dans les pays en développement jusqu’en 2035 pourraient théoriquement être financés par le secteur privé. Les 75 % restants relèvent de biens publics ou d’actions qui incombent généralement au secteur public. Le potentiel réaliste du financement privé pour les mesures d’adaptation est estimé bien en deçà de ce seuil, soit 10 % dans les petits États insulaires en développement (PEID) et 5 % dans les pays les moins avancés (PMA) (Watkiss et England, 2025).

Le soutien financier à l’adaptation est assuré par différentes sources publiques et privées. Les fonds climatiques multilatéraux, notamment ceux créés dans le cadre de la CCNUCC, jouent un rôle crucial en permettant aux pays d’accéder à des financements spécifiquement dédiés à l’adaptation. Les principaux fonds multilatéraux soutenant l’action en matière d’adaptation sont le Fonds vert pour le climat (FVC), le Fonds pour l’adaptation, le Fonds pour les pays les moins avancés (FPMA), le Fonds spécial pour les changements climatiques (FSCC) et les Fonds d’investissement climatiques (FIC).

    • Fonds vert pour le climat (FVC) : Le FVC est le plus grand fonds climatique multilatéral. Il vise un équilibre 50/50 dans l’allocation de ses ressources entre atténuation et adaptation dans la durée, avec un plancher de 50 % réservé aux PMA, aux PEID et aux États africains. Le soutien est apporté sous forme de dons, de prêts concessionnels, de prises de participation, de garanties, de paiements axés sur les résultats et d’autres instruments financiers. Le FVC offre un accès direct via des entités accréditées nationales et régionales. Outre le financement de projets, le FVC apporte un soutien à travers le Programme de préparation et de soutien préparatoire (RPSP). Dans le cadre de la stratégie de préparation en vigueur (2024-2027), les pays peuvent accéder à une enveloppe totale pouvant atteindre 7 millions de dollars américains par pays sur quatre ans pour la planification intégrée et la mise en œuvre de mesures d’adaptation et d’atténuation. Cela inclut le soutien précédemment disponible pour la formulation des Plans nationaux d’adaptation (PNA.1) pour les pays qui ne l’ont pas encore pleinement utilisé. Les pays peuvent également soumettre une demande supplémentaire pouvant atteindre 3 millions de dollars pour la mise en œuvre des PNA (PNA.2).

 

    • Fonds pour l’adaptation : Le Fonds pour l’adaptation est le plus grand fonds exclusivement consacré au soutien de l’action en matière d’adaptation. Il a été le premier fonds multilatéral à permettre un accès direct, autorisant les pays à y accéder par le biais d’entités de mise en œuvre nationales et régionales accréditées auprès du Fonds. Le soutien est apporté sous forme de dons. Un soutien complémentaire est fourni via le Programme de préparation du Fonds pour l’adaptation, mobilisant une gamme d’instruments financiers et non financiers.

 

    • Fonds pour les pays les moins avancés (FPMA) : Le FPMA est géré par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et apporte son soutien aux pays les moins avancés pour la mise en œuvre de leurs Programmes d’action nationaux d’adaptation (PANA) et de leurs Plans nationaux d’adaptation (PNA), ainsi que pour d’autres composantes du programme de travail des PMA dans le cadre de la CCNUCC. L’ensemble des fonds du FPMA est octroyé sous forme de dons, et la mise en œuvre s’effectue par l’intermédiaire de l’une des agences du FEM.

 

    • Fonds spécial pour les changements climatiques (FSCC) : Le FSCC est géré par le Fonds pour l’environnement mondial (FEM) et intervient selon deux guichets : un guichet spécifique pour répondre aux besoins d’adaptation des petits États insulaires en développement (PEID), et un guichet dédié au renforcement du transfert de technologies, de l’innovation et de l’engagement du secteur privé. L’ensemble des fonds du FSCC est octroyé sous forme de dons, et la mise en œuvre s’effectue par l’intermédiaire de l’une des agences du FEM.

 

  • Fonds d’investissement climatiques (FIC) : Les Fonds d’investissement climatiques (FIC) comprennent le Fonds pour les technologies propres (FTP) et le Fonds stratégique pour le climat (FSC). Par le biais de programmes spécifiques, ces fonds soutiennent l’élaboration de plans d’investissement multi-projets couvrant plusieurs secteurs en interaction. Bien que leur axe principal soit l’atténuation, ils disposent de programmes de financement dédiés à l’adaptation. L’accès aux FIC s’effectue exclusivement par l’intermédiaire de six BMD (BAD, BAfD, BERD, BIRD, BID et SFI).

Pour plus d’informations sur le thème « Sources et mécanismes de financement », veuillez consulter la plateforme d’accès au financement climatique.

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