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Dans un contexte d’engagements politiques et de financements croissants, il est indispensable de prĂ©ciser ce qu’on entend par EbA. Le cadre de dĂ©finition des critĂšres de qualification et des normes de qualitĂ© identifie 3 Ă©lĂ©ments et 5 critĂšres de qualification.

 

Les approches Ă©cosystĂ©miques d’adaptation au changement climatique (et de rĂ©duction des risques de catastrophe, Ă©co-RRC) font appel aux services Ă©cosystĂ©miques pour aider les populations Ă  s’adapter au changement climatique et rĂ©duire les risques de catastrophe. Il faut pour cela gĂ©rer, conserver et restaurer les Ă©cosystĂšmes et la biodiversitĂ© de façon durable. Les Ă©cosystĂšmes offrent des services essentiels Ă  la sociĂ©tĂ©, notamment des services de rĂ©gulation et de soutien qui aident les populations Ă  s’adapter aux risques et Ă  les rĂ©duire : des rĂ©cifs coralliens intacts et la vĂ©gĂ©tation cĂŽtiĂšre peuvent attĂ©nuer l’action des vagues et protĂ©ger les cĂŽtes de l’érosion ; les tourbiĂšres, les marĂ©cages et les plaines inondables constituent des zones tampons contre les inondations et la raretĂ© de l’Eau ; les montagnes et les pentes boisĂ©es peuvent stabiliser les sĂ©diments et protĂ©ger contre les glissements de terrain.

Les Ă©cosystĂšmes peuvent Ă©galement prolonger la durabilitĂ© et la durĂ©e de vie des ouvrages d’infrastructure, et ainsi protĂ©ger les investissements rĂ©alisĂ©s dans les dĂ©fenses artificielles (solutions hybrides) – par exemple la restauration des marais salants adjacents Ă  des digues marines (Voluntary guidelines for EbA/Eco-DRR) – directives volontaires pour l’EbA / l’éco-RRC). Une Ă©tude rĂ©alisĂ©e au Vietnam montre que la rĂ©habilitation des mangroves au niveau des villages gĂ©nĂšre des bĂ©nĂ©fices financiers significativement plus Ă©levĂ©s, grĂące Ă  la rĂ©duction des risques et Ă  l’utilisation des ressources naturelles (2,3 millions USD sur 20 ans), que la construction de digues (seulement 0,5 million USD) (Köhler and Michaelowa, 2013). Des Ă©tudes rĂ©alisĂ©es Ă  l’échelle mondiale ont montrĂ© que la restauration et la conservation des Ă©cosystĂšmes sont gĂ©nĂ©ralement rentables. Le rapport coĂ»t-bĂ©nĂ©fice du retour sur investissement de la rĂ©habilitation des Ă©cosystĂšmes peut osciller entre 3 et 75, comparativement au prĂ©judice Ă©conomique des pertes Ă©cosystĂ©miques (PNUE, 2010).

Outre l’adaptation et la rĂ©duction des risques, les mesures d’EbA offrent des
(co-)avantages environnementaux, Ă©conomiques et sociaux supplĂ©mentaires. Elles sont souvent qualifiĂ©es d’options Ă  faible regret ou sans regret car elles peuvent prĂ©senter des avantages indĂ©pendamment des incertitudes des projections climatiques. La restauration des mangroves, par exemple, peut stabiliser les sĂ©diments et protĂ©ger les cĂŽtes. SimultanĂ©ment, les mangroves restaurĂ©es constituent de nouveaux habitats ou de plus vastes habitats pour les poissons et d’autres espĂšces qui, Ă  leur tour, amĂ©liorent les moyens de subsistance. L’EbA, ainsi que l’éco-RRC, peuvent Ă©galement amĂ©liorer la biodiversitĂ© et la conservation de la nature. De plus, elles peuvent contribuer Ă  la rĂ©alisation des objectifs d’attĂ©nuation du changement climatique via : i) la conservation ou la restauration des forĂȘts et de la vĂ©gĂ©tation cĂŽtiĂšre, et la rĂ©humidification des tourbiĂšres assĂ©chĂ©es, pour rĂ©duire les Ă©missions de C02 ; ii) la rĂ©duction de la dĂ©forestation et de la dĂ©gradation des terres, y compris le drainage des tourbiĂšres, qui contribue Ă  limiter les Ă©missions de gaz Ă  effet de serre (Duarte et al., 2013; Busch et al., 2015).

Le changement climatique menace les Ă©cosystĂšmes, ainsi que les services qu’ils offrent, et met en pĂ©ril le dĂ©veloppement humain Ă  l’échelle mondiale. L’objectif final de l’intĂ©gration des approches fondĂ©es sur les Ă©cosystĂšmes est de faire en sorte que l’EbA (et la rĂ©duction des risques de catastrophe fondĂ©e sur les Ă©cosystĂšmes, Ă©co-RRC) soit la pratique de dĂ©veloppement standard afin d’éviter et, Ă©ventuellement, de gĂ©rer les risques climatiques actuels et futurs. Cela veut dire « agir autrement compte tenu du changement climatique » et nĂ©cessite l’intĂ©gration de l’adaptation fondĂ©e sur les Ă©cosystĂšmes et la rĂ©duction des risques dans les dĂ©cisions de dĂ©veloppement, Ă  tous les niveaux et dans toutes les zones Ă  risque.

Compte tenu de l’expĂ©rience opĂ©rationnelle accumulĂ©e dans le monde entier dans la promotion de l’adaptation (fondĂ©e sur les Ă©cosystĂšmes), le cadre de la GIZ pour l’intĂ©gration de l’EbA adopte une approche itĂ©rative en six Ă©tapes (appelĂ©e cycle d’intĂ©gration de l’adaptation, voir diagramme ci-dessous). Il inclut les Ă©lĂ©ments de l’intĂ©gration et fournit les outils et les mĂ©thodes pouvant ĂȘtre utilisĂ©s Ă  chaque Ă©tape. Cette orientation est conforme aux Directives volontaires pour la conception et la mise en Ɠuvre efficace d’approches fondĂ©es sur les Ă©cosystĂšmes pour l’adaptation au changement climatique et pour la rĂ©duction des risques de catastrophe (Voluntary guidelines for the design and effective implementation of ecosystem-based approaches) pour l’adaptation au changement climatique et la rĂ©duction des risques de catastrophe Ă©laborĂ©es, sur demande, lors de la confĂ©rence des parties (COP) de la CDB, dans sa dĂ©cision XIII/4. La GIZ a contribuĂ© Ă  l’élaboration des lignes directrices.

Le cycle d’intĂ©gration de l’adaptation.

Étape 1 : l’utilisation d’un prisme climatique et Ă©cosystĂ©mique peut faciliter la dĂ©finition du contexte de l’intĂ©gration de l’EbA, comme la dĂ©finition du problĂšme (p. ex. le manque d’eau), l’identification du systĂšme concernĂ© (p. ex. un bassin versant, un secteur ou une politique), et la connaissance des interactions entre les systĂšmes humains et naturels.

Étape 2 : une Ă©valuation de la vulnĂ©rabilitĂ© ou des risques climatiques sert de base Ă  la planification de l’adaptation. Les Ă©valuations doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es de maniĂšre inclusive en tenant compte des sources de connaissances locales et des interdĂ©pendances entre les systĂšmes sociaux, Ă©cologiques et Ă©conomiques. Le Guide sur la vulnĂ©rabilitĂ© (Risk and Vulnerability Sourcebook) de la GIZ donne des conseils pour la rĂ©alisation de telles Ă©valuations.

Étapes 3 et 4 : sur la base de l’évaluation des risques climatiques, l’identification et la sĂ©lection de mesures d’EbA appropriĂ©es peuvent s’appuyer sur l’efficacitĂ© potentielle, les co-avantages, l’adhĂ©sion des parties prenantes, la faisabilitĂ© et d’autres critĂšres. Les instruments qui soutiennent ce processus sont l’analyse coĂ»ts-bĂ©nĂ©fices et l’analyse multicritĂšres qui doivent ĂȘtre rĂ©alisĂ©es de maniĂšre participative.

Étape 5 : la mise en Ɠuvre nĂ©cessite une planification rigoureuse, par exemple sur la base d’une thĂ©orie du changement, et l’engagement d’un personnel appropriĂ©. Des mĂ©canismes de coordination avec les partenaires gouvernementaux et d’autres acteurs doivent mis en place.

Étape 6 : un systĂšme de suivi et d’évaluation doit ĂȘtre Ă©laborĂ© sur la base de quatre considĂ©rations clĂ©s, Ă  savoir l’objectif du S & E, les informations concernĂ©es, le public ciblĂ© et les ressources disponibles. Un guide de conception de systĂšmes de S & E pour les mesures d’EbA a Ă©tĂ© co-Ă©laborĂ© par la GIZ.

 

CCNUCC et Accord de Paris : les approches fondĂ©es sur les Ă©cosystĂšmes sont une solution prometteuse pour l’adaptation durable et efficace au changement climatique. L’EbA englobe des politiques et des mesures qui tiennent compte du rĂŽle des services Ă©cosystĂ©miques dans la rĂ©duction de la vulnĂ©rabilitĂ© sociĂ©tale grĂące Ă  des approches multisectorielles et multi-niveaux. L’Accord de Paris exige des signataires qu’ils planifient et mettent en Ɠuvre l’adaptation par l’intermĂ©diaire du plan national d’adaptation (PNA), avec des Ă©valuations et un suivi de la vulnĂ©rabilitĂ©. Le processus du PNA est un important point d’entrĂ©e pour l’EbA car il vise Ă  intĂ©grer l’adaptation au changement climatique dans les dĂ©cisions de dĂ©veloppement et les investissements dans le dĂ©veloppement. Il peut Ă©galement constituer l’épine dorsale de la mise en Ɠuvre de la composante « adaptation » d’une contribution dĂ©terminĂ©e au niveau national (CDN). Certaines CDN font explicitement Ă©tat de l’EbA, alors que d’autres renvoient aux services Ă©cosystĂ©miques comme moyens d’adaptation. Il existe au moins trois moyens de tenir compte de la biodiversitĂ© et des services Ă©cosystĂ©miques, et par consĂ©quent de l’EbA, dans le processus du PNA :

  • Tenir compte du changement climatique dans la planification de la conservation : les objectifs de conservation sont-ils menacĂ©s par le changement climatique ?
  • Tenir compte des mesures d’EbA lors de l’évaluation des impacts du changement climatique et des options d’adaptation : quand appliquer les mesures d’EbA (par rapport aux mesures infrastructurelles « grises ») ?
  • Tenir compte des sauvegardes environnementales pour les mesures d’adaptation : les impacts des mesures d’adaptation sur les Ă©cosystĂšmes sont-ils pris en compte ?

Pour de plus amples informations, le document Briefing Paper on Entry points for EbA mainstreaming: National Adaptation Plans & Nationally Determined Contributions sera bientĂŽt disponible.

CDB – Convention sur la diversitĂ© biologique : la CDB joue un rĂŽle fondamental pour toutes les approches fondĂ©es sur la nature. La cohĂ©rence des politiques nationales et l’harmonisation des rapports sur les conventions peuvent considĂ©rablement amĂ©liorer l’adoption de l’EbA au niveau national et international. Les mesures politiques respectives doivent Ă©galement se traduire par une planification et une mise en Ɠuvre infranationales. Les stratĂ©gies et plans d’action nationaux pour la biodiversitĂ© (SPANB) sont les principaux instruments de mise en Ɠuvre de la convention au niveau national (CDB, article 6). À ce jour, pour intĂ©grer les questions de biodiversitĂ© dans les secteurs clĂ©s des SPANB, l’accent a Ă©tĂ© mis sur l’amĂ©lioration des rĂ©sultats environnementaux et sur la rĂ©duction des impacts environnementaux. Toutefois, l’intĂ©gration de la biodiversitĂ© par l’intermĂ©diaire des SPANB peut Ă©galement donner lieu Ă  d’importants rĂ©sultats liĂ©s Ă  l’adaptation au changement climatique et Ă  son attĂ©nuation, Ă  la rĂ©duction de la pauvretĂ©, Ă  l’amĂ©lioration de la santĂ© et du bien-ĂȘtre, et Ă  une plus grande Ă©quitĂ© sociale.

Pour de plus amples informations, le document Briefing Paper on Entry points for EbA mainstreaming: Synergies of the Rio Conventions with Ecosystem- based Adaptation sera bientĂŽt disponible.

StratĂ©gie internationale de prĂ©vention des catastrophes (SIPC) des Nations unies et Cadre d’action de Sendai pour la rĂ©duction des risques de catastrophe : les concepts et pratiques de l’EbA et de la rĂ©duction des risques de catastrophe fondĂ©e sur les Ă©cosystĂšmes (Ă©co-RRC) ont Ă©tĂ© Ă©laborĂ©s et affinĂ©s ces derniĂšres annĂ©es ; ce sont aujourd’hui des approches intĂ©grĂ©es visant Ă  rĂ©duire les risques liĂ©s au climat et d’autres types de risques. Ces approches soulignent l’importance de la biodiversitĂ© et des Ă©cosystĂšmes dans la rĂ©duction des risques, et s’appuient sur d’autres pratiques telles que la conservation et la restauration des Ă©cosystĂšmes, qui cherchent Ă  amĂ©liorer la rĂ©silience des Ă©cosystĂšmes au profit des populations. L’éco-RRC fonctionne conformĂ©ment au Cadre d’action de Sendai pour la rĂ©duction des risques de catastrophe 2015-2030 qui encourage les « approches Ă©cosystĂ©miques 
pour renforcer la rĂ©silience et rĂ©duire les risques de catastrophe ». L’EbA et l’éco-RRC entrent dans le cadre d’une approche transversale pluridisciplinaire. La coopĂ©ration entre les deux domaines permet d’obtenir de meilleurs rĂ©sultats en termes d’accroissement de la rĂ©silience. Le partage des connaissances et de l’apprentissage, le renforcement des capacitĂ©s et une plus grande capacitĂ© Ă  concevoir des interventions offrant des avantages multiples ne sont que quelques-unes des options permettant d’amĂ©liorer la rĂ©silience.

Pour de plus amples informations, voir les directives volontaires pour la conception et la mise en Ɠuvre efficace d’approches fondĂ©es sur les Ă©cosystĂšmes pour l’adaptation au changement climatique et pour la rĂ©duction des risques de catastrophe (Voluntary guidelines for the design and effective implementation of ecosystem-based approaches to climate change adaptation and disaster risk reduction)

Objectifs de dĂ©veloppement durable (ODD) : les ODD sont un appel universel Ă  agir pour mettre un terme Ă  la pauvretĂ©, protĂ©ger la planĂšte et garantir la paix et la prospĂ©ritĂ© pour tous. De nombreux ODD sont directement liĂ©s Ă  la santĂ© et la diversitĂ© biologique des Ă©cosystĂšmes, ainsi qu’aux services qu’ils offrent. Souvent, les segments les plus dĂ©favorisĂ©s et marginalisĂ©s de la sociĂ©tĂ© dĂ©pendent Ă©normĂ©ment des Ă©cosystĂšmes pour subvenir Ă  leurs besoins. L’EbA peut offrir des solutions durables, rĂ©silientes au climat et fondĂ©es sur la nature, qui couvrent bon nombre des problĂšmes mondiaux auxquels les ODD s’adressent, en optimisant les synergies et en rĂ©duisant les compromis.

Pour de plus amples informations, le document Briefing Paper on Entry points for EbA mainstreaming: Ecosystem-based approaches and the Sustainable Development Goals sera bientĂŽt disponible.